Le temps passe et les paroles se libèrent. De plus en plus de personnalités politiques et de journalistes admettent avoir su que DSK avait un comportement pas tout à fait normal avec les femmes. Ce “pas tout à fait” pouvant aller jusqu’à la “drague lourde” limite harcèlement, voire jusqu’à la tentative de viol de Tristane Banon.
Connaissant cette “vulnérabilité”, cette “fragilité”, on peut se demander pourquoi tant de monde (à gauche surtout) continuait à avoir en DSK la personnalité idéale pour diriger la France ? Il me semble que ce seul comportement suffit à le discréditer, à faire de lui une personne incapable d’exercer une responsabilité si grande. Les éventuels ennemis de la France auraient pu facilement tirer partie de cette faiblesse en lui envoyant, lors de déplacements à l’étranger notamment, une Mata-Hari à laquelle il aurait succombé avec facilité. Avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.
Pourquoi donc avoir tu cette information que tout le microcosme politique et médiatique français visiblement connaissait ? Les médias disent que c’est par respect de la vie privée, par crainte de tomber sous le coup de la loi. Fausse pudeur qui me parait déplacée. Premièrement car il ne s’agissait pas de rumeurs mais de faits avérés. Secondement par non respect de la vie des français qui se doivent de mieux connaître les personnalités qui aspirent à des postes de responsabilité élevés. Non, en fait tout ce petit monde médiatique et politique, se cottoie, s’invite, se saute et ne veut surtout pas cracher dans la soupe. Au risque de perdre son indépendance voire son âme. Il n’y a d’ailleurs qu’à regarder combien de politiques sont mariés avec des journalistes ; c’est édifiant de la collusion entre ces 2 mondes.
Que la gauche soit silencieuse sur le sujet, je le comprends sans l’admettre ou l’excuser. Tous les responsables du PS ont tellement envie de retrouver le pouvoir et les avantages qui lui sont associés qu’ils sont prêts à cautionner n’importe qui pourvu que celui-ci puisse les aider à atteindre le Graal. Cela a été le cas avec Mitterand, cela aurait pu l’être avec Strauss-Khan. Comme la majorité des politiques français, ils font passer leur intérêt avant celui de la France (mais c’est pas nouveau).
Du point de vue de la droite, je m’interroge. Soit tactiquement elle attendait que DSK ait pris le départ de la course à l’Elysée pour commencer à distiller ses informations, affaiblisant un PS qui n’aurait plus pu présenter un autre candidat (et alors c’est quand même un peu machiavélique et pas vraiment synonyme d’un sentiment de confiance), soit elle ne pouvait que se taire de crainte de susciter un retour de manivelle concernant certains de ses responsables dont éventuellement le premier (et là c’est vraiment la chienlit partout).
Cette affaire me laisse avec un goût amer sur les lèvres, je me dis que beaucoup de nos politiques ont, disons, des faiblesses et que personne, à part le FN (cf. là), n’ose le dire de peur de déclencher une réaction en chaîne. Et après, on s’étonnera que les français ne fassent pas confiance aux politiques.