Bien sur, il n’est pas question de légitimer le piratage que rien ne peut justifier. Autant voler une pomme lorsque l’on a faim est moralement acceptable, autant pirater ne peut être accepté.
Maintenant, il faut voir quels sont les objectifs de cette loi anti-piratage. En fait, elle n’est pas là pour interdire le piratage mais pour protégér les lobbies du disque et du cinéma qui estiment (à tort ou à raison, cela reste à démontrer) que le piratage leur crée un préjudice.
Avez-vous par exemple entendu les médias parler du piratage des applications informatiques ou des jeux ? Non, ce n’est pas le sujet. Seuls la musique et les films sont en première ligne ! Un peu strange non ?
Cette loi va t’elle changer quelque chose pour les principaux intéressés ? Peut-on vraiment croire que puisque 3 millions de personnes ont téléchargés “Bienvenu chez les chtis”, il y aurait eu 3 millions de personnes de plus en salle ou 3 millions de DVD de vendus en plus ? Ridicule ! Si les gens ne peuvent plus pirater, ils ne consommeront pas plus ou alors cela restera marginal. Le gamin qui n’a que 15 € d’argent de poche par mois n’est de toute manière pas en position d’acheter un CD à 20€. S’il ne pirate pas, il ne découvrira pas l’artiste et n’ira, par exemple, pas le voir plus tard en concert. L’artiste n’aura rien gagné de plus pécuniérement et aura perdu en notoriété. Même chose pour les films.
Maintenant, est-il vraiment raisonnable de croire que cette loi stoppera le piratage. Je ne le crois pas. Les moyens techniques évolueront (avec des IP et des paquets cryptés par exemple) qui interdiront les FAI de détecter les pirates en les empêchant de connaître ce qui arrive chez l’utilisateur pour décider si c’est du contenu illégal (piratage) ou légal (streaming, jeu on line, … ).
En définitive, cette loi sera un échec et on retiendra que le politique s’est en définitive laissé forcer la main par les groupes de pression commerciaux du disque et du film.